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Penser le genre catholique

Penser le genre catholique

Ce blog cherche à réfléchir sur la place des corps et des sexes dans les enjeux de sécularisation auxquels doit faire face e christianisme occidental à l'époque contemporaine (XIXe-XXe), et plus spécifiquement la tradition catholique, depuis les années soixante (second féminisme, révolution sexuelle, émancipation des minorités sexuelles). Il s'intéresse également aux expériences militantes et associatives qui portent ces questions au prix d'une remise en cause des normes.

Leonardo Boff (2012) "Théologie de la libération, une pensée rebelle toujours d'actualité"

En 1971, un père jésuite, Gustavo Gutiérrez, publie au Pérou l'ouvrage Théologie de la Libération. La même année, le franciscain Leonardo Boff publie une série d'articles qui formeront l'ouvrage Jésus-Christ libérateur. Ces ouvrages, qui formalisent des expériences locales de communautés catholiques latino-américaines, peuvent être tenus comme le point de départ intellectuel de ce que l'on appelle la "théologie de la libération". Cette dernière, en dépit d'une opposition continue de la part des autorités romaines pour qui elle a des accents marxistes incompatibles avec la foi catholique, poursuit depuis son chemin dans certains milieux d'ouverture catholiques.

 

Mais qu'est-ce au juste la théologie de la libération ? Dans le dernier hors-série de Golias (n°142, janvier-février 2012), on peut trouver un intéressant dossier, consacré au quarantième anniversaire de la théologie de la libération, avec un article de Leonardo Boff dont nous reproduisons ici des extraits. Même s'il y a sûrement ici une effet de reconstruction a posteriori de cette aventure intellectuelle, humaine et théologique, le penseur brésilien offre sa vision de ce qu'est la théologie de la libération. Bien plus, sa vision sur sa genèse, sa méthode, et son devenir.

 

Ce texte n'est pas sûrement pas exempt de critiques. Il donne un visage lisse et cohérent de la théologie de la libération mais offre au moins un panorama assez compréhensible de l'option théologique intransigeante à sa façon, engagée par certain.e.s. On retrouve l'articulation qu'avait souligné Ivonne Gebarra entre théologie féministe et théologie de la libération. Comment et pourquoi se combinent des figures théologiques alternatives à l'orthodoxie dans ce mouvement ? Leonardo Boff note qu' "ont surgi à l'intérieur de la même et unique Théologie de la Libération plusieurs tendances : féministes, indigènes, noires ; théologies de la culture, de l'histoire et de l'écologie"... Le pauvre devient une sorte de figure idéalisé à partir duquel il serait nécessaire de reconstruire une édifice théorique non intellectualisé. Le défi est sûrement grand, voire impossible.

 

En lisant Boff, on comprend également pourquoi la Théologie de la la Libération reste le grand discours articulé de la mouvance progressiste et contestataire du catholicisme. Du souci donné au pauvre et au dominé, on passe à la mise à bas des structures d'oppression... au prix d'une assimilation peut-être un peu rapide entre le capitalisme financier, le néo-libéralisme et l'autorité ecclésiale... Alors que la Théologie de la Libération lie avec une grille très politique très années soixante-dix de la foi chrétienne et n'est pas parvenue à s'officialiser dans le catholicisme, le théologien brésilien récuse son caractère datée et située historiquement et cherche à en tracer l'avenir... Comme pour Ivonne Gebarra, nous nous interrogerons toujours sur le caractère concret et réel de ces communautés de base (le seul cas concret auquel nous pouvons penser c'est la paroisse du pasteur (protestant!) Stéphane Lavignotte à Paris) mais il est toujours intéressant de se pencher sur ce document qui permet une bonne approche de l'état actuel de la théologie de la libération... 

 ***


"La Théologie de la Libération participe à la prophétie de Syméon concernant l'enfant (Jésus) : il sera motif de chute et de relèvement, signe de contradiction (Lc 2, 34). Effectivement, la Théologie de la Libération est une théologie incomprise, diffamée, persécutée et condamnée par les pouvoirs de ce monde, et à raison. Les pouvoirs de l'économie et du marché la condamnent parce qu'elle a commis un crime à leurs yeux intolérable : elle a opté pour ceux qui sont en dehors du marché, pour les "zéros" sur le plan économique. Les pouvoirs ecclésiastiques l'ont condamné parce que, en affirmant que le pauvre peut devenir bâtisseur d'une nouvelle société et même d'un autre modèle d'Église, elle a basculé dans une "hérésie" pratique.

Le pauvre, avant de devenir un opprimé, est un opprimé qui devrait trouver à ses côtés l'Église dans son processus de libération, ce qui ne signifie pas politiser la foi, mais pratiquer une évangélisation qui inclut aussi la sphère politique (...) La Théologie de la Libération représente une bénédiction et une bonne nouvelle pour les pauvres, qui ne se sentent plus seuls et qui ont trouvé des alliés dans leurs causes et dans leurs luttes.

(...) Le punctum santis et cadentis de la Théologie de La Libération est le pauvre concret, avec ses oppressions, sa dégradation et ses souffrances sans fin. Sans le pauvre et l'opprimé, il n'y a pas de Théologie de la Libération. Chaque oppression invoque une libération. Cela a un sens de lutter pour une libération lorsqu'il y a une oppression concrière qui touche la peau et tourmente le corps et l'esprit. Héritiers d'un opprimé  et d'un condamné à la mort enc roix, les chrétiens trouvent dans leur foi mille raisons pour se ranger du côté des opprimés, et, avec eux, chercher la libération. Par conséquent, la marque enregistrée de la Théologie de la Libération est et sera, jusqu'au jugement dernier, l'option pour les pauvres, contre la pauvreté, et en faveur de leur vie et de leur liberté. La question cruciale et toujours ouverte est celle-ci : comment annoncer un Dieu père et Mère de bonté dans un monde de misérables ?

(...) Toutefois, nous entendrons comme il convient la Théologie de la Libération en la situant au-delà de l'espace ecclésial et à l'intérieur du mouvement historique plus large qui a balayé les sociétés occidentales à la fin des années 1960 (...) Dans tous les domaines, dans la culture, dans la politique, dans les habitudes de la vie quotidienne se sont écroulés des schémas considérés comme oppressifs. Puisque les Églises sont dans le monde, plusieurs de leurs membres (...) commencèrent à s'interroger sur les contributions qui pourraient être celles des chrétiennes et des chrétiens, à partir du capital spécifique de la foi chrétienne, le message libérateur de Jésus ; cette question était posée par des chrétiens et des chrétiennes qui militaient déjà politiquement dans les milieux populaires et dans les partis qui misaient sur la transformation de la société. À cela s'ajoute le fait que nombre d'Églises avaient traduit les appels d'ouverture au monde le part du Concile Vatican II dans le contexte latino-américain, comme (...) voie d'accès au monde des pauvres-opprimés.

C'est de cette impulsion qu'ont émergé des figures prophétiques, nées dans les Communautés ecclésiales de base et les pastorales sociales, et des groupes chrétiens engagés directement dans les mouvements politiques de libération (...) La Théologie de la Libération n'est donc pas tombée du ciel, et elle n'a pas davantage été inventée par quelques théologiens inspirés. Au contraire, elle a émergé à l'intérieur de ce large mouvement mondial et latino-américain, politique et ecclésial. Elle s'est proposée de penser les pratiques ecclésiales et politiques à la lumière de la Parole et de la Révélation, se présentant comme parole seconde, critique et systématique, qui renvoyait à la parole première qui est la praxis réelle en compagnie des opprimés. (...)

On ne  peut pas parler d'oppression-libération de manière généralisée. Il est important de définir chaque groupe et de prendre au sérieux le type d'oppresion soufferte et le sérir de libération qui y correspond. On a démasqué le système qui est à la racine de toutes ces oppressions, bâti sur l'assujettissement des autres et la dévastation de la nature (...) De grande importance critique a été la relecture critique de l'histoire de l'Amérique latine à partir des victimes, révélant la perversité d'un projet  collectif d'invasion où la colonisateur  et le militaire tenaient par la main le missionnaire. (...) Sans entrer dans les détails, ont surgi à l'intérieur de la même et unique Théologie de la Libération plusieurs tendances : féministes, indigènes, noires ; théologies de la culture, de l'histoire et de l'écologie (...)

Maintenant il faut dire un mot (...) sur la méthode de la Théologie de la Libération, peut-être une des contributions les plus marquantes à la théologie universelle. On part d'en bas, de la réalité, la plus crue et dure possible, et pas des doctrines, des documents pontificaux ou des textes bibliques, lesquels assurent une fonction d'illumination mais n'engendrent ni une pensée ni une praxis. Face à la pauvreté et à la misère, la première réaction est typiquement "jésuanique", celle de misereoe super turbas, d'une compassion qui implique de se laisser guider par la réalité de l'autre et d'en ressentir la souffrance. C'est alors que se vérifie une véritable expérience spirituelle de rencontre avec ceux que Bartolomé de las Casas au Mexique et Guamán Poman de Ayála au Pérou appelaient "les Christ fouettés de l'histoire" (...) Cette expérience spirituelle de compassion est vraie seulement si elle donne origine à un second sentiment, celui d'une colère sacrée : "On ne peut pas accepter cela, il faut le dépasser." De là surgit immédiatement la volonté de faire quelque chose. 

Et c'est ici que la rationalité entre en jeu, nous aidant à éviter des erreurs qui sont plutôt le fruit de bonnes volontés dépourvues d'esprit critique. Sans analyse, on court le risuque de l'assistanant ou du simple réformisme, qui finalement renforcent le système. La connaissance des mécanismes engendrnt la pauvreté et l'oppression nous montre la nécessité de la transformation et de la libération, comme quelque chose de nouveau et d'alternatif. On cherche alors les médiations concrètes rendant possible la libération, en assumant toujours comme protagoniste le pauvre même (...) Dès que le but est atteint, c'est le moment de la célébration et de la fête, qui réconcilient les gens et leur confèrent un sentiment d'appartenance et de reconnaissance de leur force transformatrice. On constate alors empiriquement qu'un faible plus un faible ne font pas deux faibles, mais un fort, et cela parce que l'union fait la force historique transformatrice. (...)

Grâce à sa perspective, la Théologie de la Libération a révélé des dimensions différentes et même nouvelles du message de la révélation. En premier lieu, elle a favorisé la réappropriation de la Parole de Dieu de la part des pauvres, qui, dans les communautés et dans les cercles bibliques, ont appris à confronter la page de la Bible avec la page de la vie, en tirant les conséquences qui en découlaient pour la praxis quotidienne. En lisant les Évangiles et en se confrontant avec Jésus de Nazareth (...), ils ont saisi la contradiction entre la condition de pauvreté de Jésus et la richesse de la grande institution Église, plus proche du palais d'Hérode que de la grotte de Bethléem (...)

La Théologie de la Libération nous a fait découvrir Dieu comme le Dieu de la vie, le Père des pauvres et des humbles (...) Et elle nous a aussi révélé Jésus comme libérateur (...) Il fut assassiné parce que sa praxis libératrice offensait les conventions et les traditions de l'époque. Il annonça le Royaume de Dieu, introduisant une révollution dans toutes les relations : non seulement entre Dieu et les êtres humains, mais aussi dans la société et dans l'univers (...)

De telles réflexions nous permettent d'affirmer que la Théologie de la Libération a produit une révolution théologique et spirituelle. Il n'y a pas eu beauoucp de révolutions dans le christianisme. Mais chaque fois qu'elles se sont vérifiés, elles ont donné de nouvelles significations aux principaux contenus de la foi, et on a enregistré une nouvelle vitalité, le message chrétien déployant des diemensions insoupçonnées et engendrant ainsi santé et vie.

Il s'agit de la première théologie historique née à la périphérie du christianisme et distante des centres de la pensée officielle. Une théologie qui dénote une maturation évidente des Églises-filles, lesquelles parviennent à articuler dans leur langage le message crétien sans rompre l'unité de foi et la communion avec les Églises-mères. Jamais dans l'histoire du christianisme, les pauvres n'ont obtenu autant de centralité. Ils ont toujours été regardés à l'intérieur de l'Église comme les destinataires de la charité chrétienne. Ici, il s'agit par contre d'un pauvre différent, qui veut aussi contrinuer avec sa foi et son intelligence. Il s'agit du pauvre qui pense, parle, s'organise et contribue à construire un nouveau modèle d'Église-réseau de communautés. Les pasteurs de style autoritaire ne craignent pas le pauvre qui se tait et obéit, ils craignent par contre le pauvre qui pense, parle et participe à la définition de nouveaux chemins pour la communauté (...) 

Nous osons dire que la Théologie de la Libération, avec l'Église de la Libération qui en est inséparable, est un des rares mouvements ecclésiaux du XXe siècle qui a connu le martyre, subi - très curieusement de la part des chrétiens répresseurs - par des laïques, religieux, religieuses, pasteurs, théologiens et théologiennes (...) Finalement la Théologie de la LIbération rappelle les autres théologies à leur responsabilité sociale, dans le sens de collaborer à la gestion d'un monde plus juste et fraternel (...) Une théologie qui se tait face à la tragédie de millions d'affamés condamnés à mourir avant le temps, n'a rien à dire au monde sur Dieu (...)

Quel avenir aura la Théologie de la Libération ? Nombreux sont cexux qui pensent, parce qu'ils ont intérêt à le penser, que la Théologie de la Libération renvoie seulement aux années 70, donc, au siècle passé, et qu'elle a désormais perdu ce qui faisait son actualité et son importance. Seuls des gens cyniques peuvent souhaiter qu'il en soit ainsi, des gens tout à fait étrangers à ce qui se passe sur la planète Terre et au setin dues pauvres du monde. Le défi centrral pour la pensée humaniatiare et pour la Théologie de a Libération est donné précisément par l'augmentation du nombnre des pauvres, par le processus accéléré du réchauffement gobal de la planète et par l'oppression croissante dont les gens sont victimes tant de gens (...) Une Église et une théologie insensibles à une telle souffrance se situent à des années-lumières de l'héritage de Jésus et de la libération annoncée et entreprise par lui. La Théologie de la Libération n'est pas morte, et aujourd'hui, elle est plus urgente qu'à la fin des années 60 quand elle a surgi. Si elle est sans doute devenue moins visible, c'est parce qu'elle n'est plus impliquée dans les polémiques qui intéressent l'opinion publique. Tant que des pauvres et des opprimés existeront dans ce monde, il y aura des gens, des chrétiens et des Églises qui partageront les douleurs qui atteignent leurs corps, les angoisses qui tourmentent les âmes et les coups qui frappent les coeurs (...) 

Dans le contexte actuel de dévastation de la Mère Terre et de destruction poursuivie du système-vie, la Théologie de la Libération a compris l'absolue nécessité d'inclure, à l'intérieur de celle pour les pauvres, l'option pour le grand pauvre qu'est la planète Terre, citime de la même logique qui exploite les gens, assujetit les classes, domine les nations et dévaste la nature. Si nous ne nous libérons pas de cette logique perverse, celle-ci pourra nous conduire vers une catastrophe sociale et écologique aux dimensions apocalyptiques, sans exclure la possibilité d'une extinction du genre humain. L'inclusion de cette problématique, celle qui peut-être interpelle le plus notre temps, a engendré une vigoureuse Écologie de la Libération, qui va s'ajouter à toutes les autres initiatives en faveur d'une nouveau paradigme de relations avec la nature, avec un type différent de production et avec des formes plus sobres et solidaires de consommation.

Quel avenir pour la Théologie de la Libération ? Elle a le même avenir que elui réservé aux pauvres et aux opprimés : tant qu'ils existeront, il y aura mille raisons pour une pensée rebelle, indignée et compatissante, de refuser tant de cruauté et d'impiété, et de s'engager pour une libération intégrale. Elle ne trouvera pas sa place à l'intérieur de l'actuel système capitaliste, une machine productrice de pauvreté et d'oppression. Elle pourra exister seulement sous forme de résistance, en subissant les persécutions, les diffamitions et le martyre. Cependant, puisque aucun système n'est absolument fermé, elle ouvrira des brèches par lesquelles le pauvre et l'opprimé pourront bâtir des espaces de liberté. La Théologie de la Libération dispose d'une dimension clairement politique : elle poursuit le changement de la société afin qu'on puissse réaliser les biens du Royaume et que les êtres humains puissent coexister et participer comme des citoyens libres. 

Quel avenir pour la Théologie de la Libération à l'intérieur du type d'Église-institution d'aujourd'hui ? Dans le système actuel, dont l'axe est la sacra potestas, le pouvoir sacré, centré seulement sur la hiérarchie, elle pourra seulement survivre comme une théologie en captivité, reléguée aux marges, n'étant pas fonctionnelle par rapport à la pensée officielelle et au mode d'organisation hiérarchique de l'Église : d'un côté, le corps clérical qui garde le pouvoir sacré, la parole et la direction, de l'autre, la masse de laïques, sans pouvoir, obligés d'écouter et d'obéir. Sur la trace du Concile Vatican II, la Théologie de la Libération se base sur un concept d'Église communion, réseau de communautés, Peuple de Dieu et pouvoir sacré comme service. Une vision d'Église pratiquement anéantie dans les dernières décennnies par le retour de la Curie romaine à une stricte discipline et par le renforcement de la structure hiérarchique d'organisation ecclésiale. On a fermé ainsi les portes à la conciliation tentée par Vatican II entre Église peuple de Dieu et Église hiérarchique, entre l'Église-pouvoir et l'Église-communion (...)

Nous ne devons pas cacher le fait que, en optant pour le pouvoir, l'Église institution a opté aussi pour ceux ui ont le pouvoir, en un mot, les riches. Les pauvres ne sont plus au canetre. On leur a réservé l'assistance et la charité, qui n'ont jamais manqué. Mais qui opte pour le pouvoir ferme les portes et les fenêtres à l'amour et à la miséricorde. C'est ce qui est arrivé malhrueusement avec le modèle actuel d'Église, bureaucratique et froid, et dans les questions relatives à la sexualité, à l'homoaffectivité, au Sida et au divorce, où on ne voit ni miséricorde ni humanité. Dans ces conditions, (...) la Théologie de la Libération renverse l'ordre établi. Son destin sera la délégitimation et la persécution. Il n'est pas exagéré de dire qu'elle vit et a vécu son mystère pascal : toujours combattue, enterrée et toujours ressuscitée, parce que la clameur des pauvres ne lui permet pas de mourir. Mais dans l'Église institution, malgré ses graves limites, il y a toujours des gens, hommes, femmes, prêtres, religieux, religieuses et évêques qui se laissent toucher par les crucifiés de l'histoire et s'ouvrent à l'appel du Christ libérateur, ne se limitant pas à secourir les pauvres mais se rangeant à leur côté. (...)

Quel sera l'avenir de la théologie de la Libération ? IL est dans son présent. La Théologie de la Libération continue de grandir, avec son caractère oecuménique, dans la lecture populaire de la Bible, dans les cercles bibliques, dans les communautés ecclésiales de base, dans les pastorales sociales, dans les mouvements de foi et politique, dans le travail pastoral dans la périphérie des villes et à l'intérieur des Pays. À ce niveau, et par sa nature œcuménique et populaire, cette théoogie échappe d'une certaine manière à la vigilance des autorités doctrinaires (...) Si l'on veut rencontrer la Théologie de la Libération, il ne faut pas aller dans les facultés et les instituts de théologie. Ici, on en trouvera seulement peu de fragments et quelques représentants. Il faut fréquenter les bases populaires. C'est son lieu naturel et c'est là qu'elle fleurit vigoureusement. Elle est en train de favoriser la naissance d'un autre modèle d'Église, plus communautaire, évangélique, participatif, simple, dialoguant, spirituel et incarné dans les cultures locales, modèle qui lui confière un visage aux couleurs du peuple (...)

Extrait de : "Les 40 ans de la théologie de la libération", dans Golias Magazine, n°142, janvier-février 2012, pp. 93-103 

 

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