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Penser le genre catholique

Penser le genre catholique

Ce blog cherche à réfléchir sur la place des corps et des sexes dans les enjeux de sécularisation auxquels doit faire face e christianisme occidental à l'époque contemporaine (XIXe-XXe), et plus spécifiquement la tradition catholique, depuis les années soixante (second féminisme, révolution sexuelle, émancipation des minorités sexuelles). Il s'intéresse également aux expériences militantes et associatives qui portent ces questions au prix d'une remise en cause des normes.

De la « cohérence » des jeunes anti-mariage homosexuel

Cet article est reposté depuis Le blog de cathoreve.

Dans un texte intitulé Génération catholique spontanée, la journaliste de La Croix  Isabelle de Gaulmyn présente sur son blog les jeunes manifestants anti-mariage homosexuel sous un jour flatteur.

Selon elle, «  l’émergence, d’une jeune génération de catholiques, prête à aller dans la rue pour défendre ses convictions » relève d'une « bonne nouvelle ». La journaliste en profite pour lancer une pique à « ceux-là même qui ne cessent, depuis dix ans, de reprocher aux plus jeunes leur manque d’engagement dans la société, en les accusant de ne se passionner que pour les affaires liturgiques ou spirituelles », et qui sont « les premiers à crier au loup lorsque ces mêmes jeunes manifestent sur des enjeux de société… »
 

Me sentant un peu visé, je reconnais que le coup fait mouche.
 

La suite du raisonnement me convainc moins. « Cette génération a brutalement pris conscience qu’elle vivait dans une société 'païenne'», où les valeurs chrétiennes ont du mal à s’exprimer. » Je ne me ferais jamais à ce vieux refrain paranoïaquo-ratzingérien des cathos incompris dans un monde plein de méchants. Il est des identités bien plus rudes à porter aujourd'hui que celle de catholique.
 

La cohorte de ces jeunes hérauts des rues « s’est sentie humiliée et non écoutée : le peu d’attention accordé par les pouvoirs publics à des manifestations de cette importante- tout comme le rejet sans autre forme de procès d’une pétition signée par plus de 700.000 personnes, constitue tout de même un rude apprentissage pour des moins de 25 ans ».
 

L'observatrice décrit ici tout simplement l'apprentissage de la démocratie, laquelle se joue moins dans la rue que dans les urnes et au Parlement. Faut-il répéter que l'Assemblée nationale a siégé sans s'arrêter durant plusieurs jours pour permettre aux députés hostiles de s'exprimer. Le procès en escamotage de débat, très souvent invoqué, ne tient pas.
 

Ces jeunes ne sont pas que pieux et certains d'entre eux mènent de concert vie spirituelle, engagement social et conviction politique. «  Ils sont souvent investis dans des actions très concrètes de charité, maraudes, colocations avec des exclus, ou autre 'épicerie sociale'. Il serait stupide de les accuser de manquer de fibre sociale, car ils en ont », affirme Isabelle de Gaulmyn. On ne peut que s'en réjouir.
 

« Le maître mot qui pourrait les caractériser est plutôt celui de cohérence ». Le terme est pour le moins discutable si le résultat de cette « cohérence » entre convictions spirituelles et engagement politique ne se traduit qu'en un unique combat. A fortiori, quand il consiste à dénier des droits à une partie de leurs concitoyens.
 

À côté des « veilleurs » qui s'organisent pour poursuivre la mobilisation après la « défaite » parlementaire, on signalera à ces jeunes filles et garçons pleins de bonne volonté que, depuis cinq ans, des chrétiens, avec d'autres, tiennent des « cercles de silence ».
 

Ils protestent contre le sort réservé aux étrangers sans-papiers dans les Centres de rétention. Pas de risque de récupération politique dans ces assemblées : le mouvement est né sous Sarkozy et se poursuit sous Hollande, tant on a du mal à sentir un quelconque changement depuis un an. Ces manifestants aussi – moins nombreux mais tenaces sur la durée - ont l'impression de ne pas être entendus par les pouvoirs publics.
 

Dans ces cercles, des militants exercent également leur « cohérence » de chrétiens. La défense de l'étranger ne cesse d'être rappelée par papes et évêques. Elle est au cœur de l'idéal évangélique que nous offre le récit des Béatitudes.
 

Il ne me semble pas y avoir lu  : « J'étais homosexuel et tu as manifesté quand on a voulu me donner le même droit que les hétérosexuels ».

 

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