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Penser le genre catholique

Penser le genre catholique

Ce blog cherche à réfléchir sur la place des corps et des sexes dans les enjeux de sécularisation auxquels doit faire face e christianisme occidental à l'époque contemporaine (XIXe-XXe), et plus spécifiquement la tradition catholique, depuis les années soixante (second féminisme, révolution sexuelle, émancipation des minorités sexuelles). Il s'intéresse également aux expériences militantes et associatives qui portent ces questions au prix d'une remise en cause des normes.

Myra Poole (s.n.d.) / Prayer, protest, power. The spirituality of Julie Billiart today, 2001.

Aujourd'hui, nous vous proposons d'aller à la rencontre de la pensée d'une religieuse de tempérament, Myra Poole, soeur de Notre-Dame de Namur, à travers un ouvrage qu'elle a signé en 2001 au titre évocateur : Prière, protestation et pouvoir. La Spiritualité de Julie Billiart de nos jours.


Cet ouvrage s'apparente à un genre plutôt courant dans les congrégations catholiques : la relecture du charisme du fondateur, en l'occurence ici de la fondatrice, Julie Billiart qui vécut dans le nord de la France à la fin du XVIII° siècle et début du XIX° siècle. Mais, Myra Poole donne à l'exercice une dimension bien plus grande en parvenant à mettre des mots et du sens chrétiens à ses aspirations réformatrices sans jamais tomber ni dans l'aigreur ni dans le portrait à charge. Elle confie que c'est la spiritualité de Julie Billiart qui a nourri son engagement féministe même au sein de la vie religieuse.

 

Partant de l'exemple de sa fondatrice, elle ouvre des pistes de réflexion audacieuses et pose des constats lucides sur les défis qui se posent à la vie religieuse dans l'avenir du christianisme.

 

Myra Poole, profil classique d'une religieuse enseignante

 

Qui a vécu dans les pays anglo-saxons, et au Canada aux Etats-Unis particulièrement, sait combien les soeurs de Notre-Dame ont joué un rôle majeur dans la scolarisation secondaire et universitaire des jeunes filles. Myra Poole, née dans une famille anglicane, entre assez classiquement en 1959 au noviciat des soeurs après des études secondaires dans un de leur lycée londonien. Elle deviendra elle-même professeure enseignant aux jeunes filles de 11 à 18 pendant plus de 30 ans.

 

C'est dans les années quatre-vingt que Sister Myra prend connaissance de la théologie féministe suite à l'audition d'une conférence de Rosemary Radford Ruether. Désirant se former en ce domaine, elle part étudier la théologie aux Etats-Unis. Pour décrocher son master (théologie pastorale) au Women's Theology Center à Boston, la religieuse suit les cours d'Elizabeth Schüssler-Fiorenza et de Katie Canon, tout en enracinant sa foi dans la pratique régulière des exercices spirituels de Saint Ignace.

 

Une question lancinante s'impose pourtant à elle et justifie la rédaction de cet ouvrage : comment peut-elle, en tant que religieuse, se penser féministe à partir d'un charisme très ancré dans le XIX° siècle et ses valeurs anti-modernes ?

 

Portrait d'une fondatrice : Julie Billiart

 

Myra Poole doit en effet faire face à la réalité historique de sa congrégation fondée au XIX° siècle dans le contexte très réactionnaire, très légitimiste et très anti-moderne de la France catholique traumatisée par la Révolution française. Cette réflexion n'est pas propre à soeur Myra, on retrouve un peu le même genre de questionnement dans une congrégation proche dans ses origines à celle de Marie Billart : les Dames du Sacré-Coeur de Mère Barrat, chantre en son temps d'un anti-modernisme flirtant avec les milieux de la Duchesse de Berry (1). Prise comme modèle, Julie Billiart apparaît davantage comme une défenseure inconditionnelle du modèle social traditionnel qu'une passionata de l'émancipation, et c'est, problème finalement assez récurrent du féminisme chrétien, à cela que doit faire face soeur Myra.


Marie Billiart est issue d'une famille rurale pas très aisée. Sixième d'une famille de sept enfants, suite à une maladie, elle perd la vue à 18 ans. Sa vie sera d'ailleurs un chemin de souffrances : névralgies, paralysies, pertes de paroles, etc. Elle est marquée par l'enseignement du prêtre de sa paroisse, l'Abbé Dagincourt, qui lui donnera l'essentiel de son instruction. Rapidement elle acquiert la réputation de "dévote" et reçoit de nombreux visiteurs qui cherchent ses conseils. La Révolution éclate. En 1791, elle est arrêtée et accusée d'avoir hébergé clandestinement des prêtres réfractaires. Emprisonnée à Compiègnes, elle fait la connaissance d'une aristocrate : Françoise Blin de Bourbon. Ce sont les deux femmes qui donneront naissance à une congrégation de soeurs enseignantes pour les milieux populaires, l'une ayant les réseaux et l'argent l'autre le charisme nécessaire.

 

Des écrits fondateurs, il ressort évidemment une tonalité très critique des projets libéraux des révolutionnaires français. Myra Poole souhaite recontextualiser ces valeurs : " les raisons reposent dans le support et l'aide que l'Eglise donnait aux femmes, dans la vie commune, dans la paroisse" (2). Alors que les hommes délaissaient la religion pour s'ouvrir aux nouveaux horizons de la politique, la religion était une affaire de femmes, un des rares lieux possibles d'investissement en dehors de la famille mais aussi de protection. Julie Billiart ne serait pas tant "contre-révolutionnaire" que contre les excès d'une Révolution qui la prive des ressources de leur foi traditionnelle.

 

Les ressources de la mystique et de l'amitié

 

Comment voir pour autant Julie Billiart comme "féministe" ? La religieuse de Notre-Dame offre un chemin de réflexions intéressants utilisant les outils les plus actuels de la critique féministe.

 

Mystique et émancipation

 

A l'image d'autres historiennes, Myra Pool exploite la relecture du mysticisme comme chemin d'émancipation dans un monde patriarcal (3). Dans la Bible, les notions de mystique et mysticisme n'existent pas en soi. Elles se construisent progressivement dans la patristique avant de devenir une spécialité féminine au Moyen-Âge (Hildegarde de Bingen). Pour les femmes, la voie mystique est une des rares voies possibles pour réformer le clergé ou établir leur position (Brigitte de Suède). Myra Poole veut récuser les discours trop simplistes sur l'eros et les souffrances des mystiques : "les femmes utilisaient l'ascétisme et la souffrance pour se légitimer dans les yeux des autorités ecclésiastiques masculines" (4).

 

D'autre part, le mysticisme entendu comme connaissance de Dieu par l'expérience (avec comme modèle catholique le plus abouti Thérèse d'Avila qui voulait faire de son corps le "livre vivant" de Dieu) est en ce sens pleinement à revaloriser. C'est autant la connaissance de ceux qui ne savent pas et la connaissance des connaissances car elle unit la raison et l'instinct : "le mystique, comme l'artiste créatif, a la conscience déroutante que quelque chose n'est pas tout à fait juste, et cette voie de savoir se caractérise par une recherche sans fin" (5). C'est dans ce cadre que Myra Pool relit les "visions" de sa fondatrice, elle relèvent davantage de l'imagination prophétique, sont surcroît d'intelligibilité davantage que marques pathologiques. La mystique a été la ressource efficace pour surmonter les aspects les plus traumatisants de sa propre existence : maladie, emprisonnement, condamnation à mort puis échappée rocambolesque.

 

" les femmes mystiques sont les femmes qui repoussent les limites pour les autres femmes, au-delà des normes de leurs sociétés, aussi loin qu'elles le peuvent dans les restrictions 'patriarcales' de leur temps. Elles sont parmi les plus épanouies de leur époque " (6)

 

L'amitié

 

On retrouve également chez Myra Poole l'écho des travaux d'Elizabeth Stuart, autre grand nom de la théologie féministe, sur l'amitié vue comme espace de résistance dans un monde patriarcal, espace d'affirmation de soi en dehors du mariage (7). La vie religieuse serait dans sa genèse subversive d'où le contrôle assidu de l'Eglise sur son organisation :

 

"Les origines de la vie religieuse féminine se trouvent dans une union radicale des femmes de l'Evangile et du Royaume de Dieu. La tragédie est que le contrôle récurrent de l'Eglise institutionnelle du XX°, confirmé en 1917 et maintenu en 1983 dans le Code de Droit Canon, a étouffé cette tradition" (8) 

 

On retrouve ici les désespoirs déçus de l'après-concile matérialisés par le nouveau code de droit canon de 1983 qui maintient un système d'organisation différent des vies religieuse masculine et féminine (la clôture stricte des moniales par exemple est maintenue).

 

A la recherche d'une liberté chrétienne émancipatrice

 

Myra Poole parvient même à voir dans le parcours de sa fondatrice la part importante de la liberté, entendue toutefois davantage comme l'abandon à la volonté de Dieu que comme la liberté philosophique et citoyenne de la Révolution française née d'une conception masculine et publique. Julie s'inscrirait plus dans la tradition chrétienne qui fait de la libération un thème important courant de l'exode (le peuple juif libéré de l'oppression par Dieu) au Christ (venu proclamer la liberté aux captifs) et à Paul libéré des exigences de la loi juive. Mais pour Myra Poole, sa liberté chrétienne est également "un don donné par Dieu, une capacité intérieure à prendre des décisions librement, de suivre le Christ aussi étroitement qu'elle le pouvait dans sa vie humaine" (9).

 

C'est la liberté incarnée socialement qui serait proprement chrétienne, le passage du sentiment d'être victime du bon plaisir du destin à l'acceptation volontariste de son autonomie dans le dessein de Dieu : 

 

" en suivant les pas du Christ, le don de la "liberté des enfants de Dieu" rend les gens capables de devenir sans crainte les catalyseurs du changement de l'époque où ils vivent. Par exemple, les femmes prient et réfléchissent aux moyens de sortir du "patriarcalisme" et comme les femmes croissent en liberté intérieure, il y a une prise de conscience que le patriarcalisme n'est pas construit sur une supériorité de pensée ou sur la Parole de Dieu, mais en maintenant en silence toutes les autres voix" (10)

 

La foi chrétienne est un chemin de dignité pour les opprimés alors qu'on en fait une source d'aliénation. Par le prière, le chrétien doit se ressaisir et s'émanciper s'il le faut pour coller à la volonté de Dieu.

 

L'horizon de la théologie féministe : la libération  

 

Myra Poole est bien consciente que les femmes ont une situation ambivalente dans le christianisme qui les a à la fois nourries et blessées. Un des exemples de ces dévotions blessantes est prises dans les réflexions sur la croix, qu'on doit porter, qu'on fait porter aux femmes, au nom de l'obéissance, pour en faire les "bouc-émissaires de la souffrance du monde" (11). Il y a eu une convergence entre le mouvement d'émancipation des minorités ethniques et des femmes dans les années soixante lorsque s'est imposée la conscience d'un outrage et qu'une condition sexuelle ou ethnique ne pouvait justifier la souffrance :

 

" ce sens partagé de l'outrage a mené d'une théologie de la "résistance au diable" d'une théologie où la croix n'est plus le facteur mais la source de leur libération vers une autre manière de vivre et d'être" (12)

 

" la croix (...) commence à être comprise non comme une rançon, faite pour donner satisfaction à la colère de Dieu qui demande l'expiation pour les péchés du monde comme un enfant capricieux, mais comme l'inévitable résultat du travail pour éradiquer les multiples oppressions imposées par les attitudes (...) injustes" (13)

 

La théologie de la souffrance s'est faite théologie de la libération... Il y a comme une rupture consommée à partir des années soixante qui fait que jamais plus le christianisme ne sera comme avant. Les injustices vues comme états de fait doivent être surmontés chrétiennement et demandent à être interrogés structurellement (riches/pauvres, hommes/femmes, blancs/noirs). C'est le système lui-même qui est porteur d'injustice.

 

De même, si Julie Billard a aidé les pauvres selon le modèle charitable d'avant l'Etat-Providence (l'argent des plus riches est "donné" aux plus pauvres pour atteindre son salut), c'est que, dans le contexte historique de son époque, on ne laissait pas d'autres choix aux femmes : "Ce ne fut qu'à partir de la seconde moitié du XX° siècle que les réflexions à partir des nations plus pauvres se porteront sur l'injustice des effets de la colonisation et le contrôle des systèmes économiques. Une grande dette est due aux théologiens de la libération des pays en développement de nous avoir aidé à en prendre conscience" (14)

 

Mais c'est toute l'histoire de l'Eglise qui est déjà porteur de cette libération. Avant d'avoir les mots de la théologie de la libération, on voit la force d'émancipation à l'oeuvre dans les congrégations et dans l'oeuvre même de Julie à la tête de sa congrégation qui dut faire face aux tentatives hégémoniques d'un prêtre influent :

 

" Cette lutte continue des femmes pour l'autonomie, dans le gouvernement de leur congrégation, se retrouve encore et encore dans de nombreuses congrégations féminines du XIX°. A l'époque médiévale, les femmes étaient cloîtrées par l'Eglise comme un moyen de contrôle. Le Code Canon de notre époque et la Sacrée Congrégation des Religieux à Rome continuent cette longue tradition de réduire l'autonomie des religieuses, les femmes immatures de l'Eglise. Ces conflits sont la part de notre lutte héritée par les femmes contre les forces sombres de la soumission (...) le combat de Julie n'est plus le nôtre, mais son combat se retrouve de nos jours clairement dans le combat des femmes-prêtres" (15)

 

Une réflexion sur la vie religieuse féminine

 

Bien plus que relire le charisme de sa fondatrice, soeur Myra Poole relit l'histoire de sa congrégation cherchant à comprendre les différents moments et, bien entendu, le retournement complexe de la dernière séquence qui a vu les espoirs réformistes du Concile chassés par la reprise en main pontificale. Elle isole quatre périodes de l'histoire de la congrégation des religieuses de Notre-Dame :

 

- de 1800 à 1914, la période des fondations. C'est le moment de l'innovation, de la prise de risque, de l'optimisme et de la confiance. Un grand nombre d'établissements sont construits répondant aux besoins. Peu de soeurs militent encore politiquement même si elle évoque quelques soeurs d'avant-garde comme Soeur Saint-Philipp qui disait aux novices : "ne vous distinguez jamais des femmes qui résistent perpétuellement pour le respect de leur droit".

 

- de 1914 à 1965, la grande question des congrégations religieuses est le rejet du modernisme vue comme l'hérésie des hérésies. Nouveau code canon, centralisme romain, la monarchie pontificale se dote d'outils modernes pour imposer ses vues. C'est également le moment où les congrégations deviennent respectables et atteignent leur apogée en nombre d'oeuvres, de fondations missionnaires et de politique de construction de bâtiments.

 

- de 1965 à 1990 s'étend une séquence courte et difficile à analyser marquée la réception du Concile Vatican II qui désinstutionnalise la vie religieuse. C'est un temps de crise et de déstabilisation marquée par la baisse des vocations et la hausse des sorties. Si les congrégations se souviennent de cette époque comme un moment de débats et de réunions sans fin, des changements notables sont apportés (fin du voile et de l'habit religieux par exemple) sans que, selon Myria Poole, l'assimilation soit parfaite.

 

- la soeur ouvre donc une dernière séquence à partir des années quatre-vingt-dix. La vie religieuse serait désormais un appel à "un ministère prophétique" dans un moment critique où le mouvement d'émancipation des femmes entamée dans les années soixante arrive dans l'Eglise : 

 

" En dépit d'efforts accomplis, la rééducation à une compréhension renouvelée à la fois de la théologie et de l'Eglise dans une perspective féministe a montré ses limites. Les soeurs sont attirées et formées pour ces congrégations d'une autre époque et d'un autre âge. L'incapacité à se saisir du profond changement qui est requis est, à mon avis, ce qui compromet la vie présente et la future croissance des congrégations. En contraste, la partie la plus récente du XX° siècle a connu une grande évolution du nombre des organisations de femmes critiques. Dans le monde chrétien, les organisations fondées sur la croissance d'intuitions théologiques de femmes commencent à annoncer le critique/prophétique ministère du Christ pour une nouvelle ère. Elles se déplacent à l'extrême limite et bien souvent dans la plus délicate position dans leurs Eglises. Les membres de ces organisations réapprennent la signification d'être solidaires, marginalisées ou isolées " (16)

 

Une Eglise "liminale" : au seuil... 

 

Comment penser sa propre marginalisation ? Soeur Myra Poole, en brossant la situation vieillisante, délicate, et minoritaire désormais, des progressistes au sein des congrégations catholiques, doit faire face à ce qui constitue un réel défi spirituel. Comment voir du providentiel dans cette mise à l'écart des idées auxquels on croit ? 

 

Soeur Myra Poole, à la suite de Julie Billiart et du charisme de sa congrégation, pense qu'il existe des groupes "liminaux" , à la frontière, à la limite (de "limen" lat. frontière). Ceux qui sont dans une position publique de protestation se retrouvent marginalisés : leurs idées sont moqués et déconsidérés. Cela n'est pas le propre des groupes minoritaires mais du christianisme et des ordres religieux tout spécialement. Ce sont dans ses marges que se dessinent les valeurs communes de demain, à l'image de François d'Assise qui avait rappelé, par sa marge, la valeur de la pauvreté à toute l'Eglise latine alors enivrée par sa propre richesse. 

 

Si les congrégations manquent à leur tâche liminaire, ils s'essoufflent et d'autres groupes prennent le relais. Myra Poole lit le creux de la vie religieuse dans la vitalité et l'essor des ONG, des mouvements de santé holistiques, des coopératives économiques, des nouvelles formes de solidarité, etc. En ce sens, la vie religieuse ne disparaît pas mais on n'est plus forcément conscient de où elle se trouve aujourd'hui : 

 

" L'idée que le premier et peut-être le plus important voeu que doit prendre une personne qui a une vocation religieuse est un voeu à mener une vie de liminalité avec tout ce que cela implique (...) Les signes sont que cette nouvelle manière d'être ne peut pas être pour la vie et ne peut pas nécessairement signifier le célibat. La prise des trois voeux de chasteté, pauvreté et obéissance dépendront de l'appel individuel de chacun. De cette manière, le Saint Esprit est en train de renouveler l'ancienne compréhension de la vie religieuse vers un groupe de personnes plus large et plus divers, dont l'adhésion sera probablement oecuménique" (17) 

 

" Les anciens groupes liminaires ont une longue histoire non réalisée de liminarité chez leurs fondateurs, tandis que les plus récents, ceux appelés à relever le défi de manière plus différente et provocante, ont à apprendre comment intégrer le meilleur du passé au meilleur du présent. Cette époque est avant tout une époque de discernement" (18)

 

***


On laissera au temps de juger si les intuitions de soeur Myra Poole s'avéreront justes. On apprécie en tout cas la pensée originale de la religieuse. Si en creux, on touche tout le tragique et le pathétique d'une certaine posture réformiste catholique, vieillissante qui peine à trouver des relais institutionnels, la soeur nous offre une trajectoire de pensée intéressante quittant le continent des certitudes et des vérités révélées ou condensées magistériellement, pour se confronter à ses propres contradictions, ses propres limites, ses propres échecs. Le charisme d'une congrégation féminine née au XIX° est relu de manière critique et problématique afin de le rendre viable et compréhensible au XXI°. Myra Poole nous offre un visage possible du christianisme en contexte post-moderne : un répertoire de sens et de valeurs qui pousse à l'engagement social.

 


 



(1) Monique Luirard (rscj), Madeleine-Sophie Barat (1779 - 1865) : une éducatrice au cœur du monde, au cœur du Christ, collection Historiques, éditions Nouvelle cité, 1999.

(2) p. 16 (nous traduisons) 

(3) Nous pensons par exemple aux travaux de Sandra La Rocca : « L'Enfant Jésus et les femmes au XVIIe siècle : une dévotion émancipatrice », Clio, numéro 15-2002, Chrétiennes, [En ligne], mis en ligne le 17 juin 2008. URL : http://clio.revues.org/index57.html. Consulté le 05 mai 2010.

(4) p. 39 (nous traduisons)

(5) p. 41 (nous traduisons) 

(6) p. 51 (nous traduisons)

(7) Elizabeth Stuart, Just good friends : towards a lesbian and gay theology of relationships, Moobray, Continuum International Publishing Group, 1995.

(8) p. 67-68 (nous traduisons)

(9) p. 87 (nous traduisons) 

(10) p. 111 (nous traduisons) 

(11) p. 134 (nous traduisons)

(12) p. 138 (nous traduisons)

(13) p. 161 (nous traduisons)

(14) p. 130 (nous traduisons)

(15) p. 152 (nous traduisons)

(16) p. 176 (nous traduisons)

(17) p. 173 (nous traduisons)

(18) p. 175 (nous traduisons)

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