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Penser le genre catholique

Penser le genre catholique

Ce blog cherche à réfléchir sur la place des corps et des sexes dans les enjeux de sécularisation auxquels doit faire face e christianisme occidental à l'époque contemporaine (XIXe-XXe), et plus spécifiquement la tradition catholique, depuis les années soixante (second féminisme, révolution sexuelle, émancipation des minorités sexuelles). Il s'intéresse également aux expériences militantes et associatives qui portent ces questions au prix d'une remise en cause des normes.

La querelle autour des nouveaux manuels de biologie (VI)

Article mis à jour le 9 mai 2012

Le Saint-Siège et le genre, un conflit ancien et grandissant


On peut comprendre la polémique française dans le contexte plus général du catholicisme des années 1990-2000 avec, sur cette question, une relative continuité entre la fin du pontificat de Jean-Paul II (1978-2005) et celui de Benoît XVI (depuis 2005). Derrière ces prises de positions fermes et croissantes, on retrouve tout le travail de plusieurs organismes et penseurs catholiques qui n'ont eu cesse d'alerter le Saint-Siège sur l'essor de la « théorie du genre ».

 

Il faut bien saisir que depuis les encycliques Humanae Vitae de Paul VI (1968) à Evangelium vitae de Jean-Paul II (1995), les papes n'ont pas seulement fait que rappeler les principes catholiques traditionnelles avec autorité. Ils ont aussi investi des moyens institutionnels pour favoriser le renouveau de la théologie morale et notamment les études portant sur le droit naturel. Comme le note le sociologue Eric Fassin « Pour le Vatican, dès lors que les droits humains apparaissent comme le vecteur de revendications féministes, en termes de genre, et homosexuelles, en matière de mariage et de filiation, il importe en effet d’en détacher la loi naturelle. Et c’est précisément sur ce point que celle-ci retrouve, en lieu et place des droits de l’homme, les lois de la nature » (Revue d’éthique et de théologie morale, p. 216). Face à la démocratisation croissante des enjeux de l’intime dans les sociétés contemporaines, le Saint-Siège réagit vivement en brandissant une défense sans faille d’un ordre qui se trouverait dans la nature.

Les études de genre se retrouvent dans le collimateur des instances pontificales de réflexion sur la famille et les enjeux bioéthiques, alors que ces dernières n’ont cessé de croître en importance à Rome ces trois dernière décennies. En 1981, le pape Jean-Paul II remodèle le « comité de la famille » crée par Paul VI en 1973. Par le motu proprio Familia a Deo instituta, il crée le Conseil Pontifical pour la famille chargée de coordonner les actions et études des oeuvres catholiques sur la famille. La même année, le pape crée un Institut pour les études sur le mariage et la famille (devenu après sa mort Institut pontifical Jean Paul II pour les études sur le mariage et la famille). Il s'agit d'un département universitaire de l'Université de Latran spécialement dévolue à la formation des laïcs et clercs engagés dans la pastorale familiale ou travaillant sur la théologie morale. Si l'institut concentre l'essentiel de ses travaux à Rome, il a aussi des antennes aux Etats-Unis, en Australie, en Afrique et en Amérique latine. En 1995, Jean-Paul II fonde également une Académie Pontificale pour la vie. Cette dernière doit travailler avec le Conseil Pontifical pour la pastorale des services de santé et lui donner des outils conceptuels sur les problèmes de bioéthique contemporains comme, par exemple, l’euthanasie, la fécondation assistée, l’avortement ou la contraception chimique.


Schéma : acteurs catholiques de l’opposition à la « théorie du genre »

schéma la théorie du genre

Ces deux institutions ont bien entendu un rôle majeur dans la production intellectuelle catholique en ce qui concerne le genre. Depuis les années quatre-vingt on peut ainsi voir se développer tout un réseau de spécialistes spécialement formés à cet aspect de la doctrine sociale de l'Eglise. Ils officient souvent comme « consulteur pontifical » (expert) pour la pastorale de la Santé ou sont professeur.e.s dans les dits instituts. Ces experts jouent un rôle de vigie par rapport aux grandes conférences internationales et fournissent leur conseil dans les domaines où le Saint-Siège peine parfois à faire entendre sa voix.

 

♣ L’apparition du mot genre dans les documents du Saint-Siège 

Lors de la quatrième conférence mondiale des Nations Unies sur les Femmes en 1995, le Saint-Siège réagit vivement à l’introduction du mot genre dans les documents du travail. Il « exclut [...] les interprétations douteuses fondées sur des vues répandues dans le monde selon lesquelles l’identité sexuelle peut être adaptée indéfiniment à des fins nouvelles et différentes ». Le genre est entré dans l’orbite intellectuelle et linguistique du Saint-Siège lors des Conférences sur les femmes organisée par l’ONU au Caire en 1994 et à Pékin en 1995. Emerge alors la perception catholique d’un concept fallacieux qui s’impose au niveau international. Il s’agit peut être la façon dont de nombreux prélats catholiques s'expliquent l'incapacité de l'Eglise à s'opposer à la généralisation de l'emploi des contraceptifs chimiques, la dépénalisation de l'avortement, la mise en place d'unions homosexuelles dans de nombreux pays.

Loin de voir ces mutations politiques reposer sur un consensus grandissant entre différents acteurs sociaux, elles sont vues uniquement les conséquences du lobbying d’une minorité agissante et galvanisée qui imposerait des mots, et parmi eux « genre », pour changer les sociétés. Cette position contre le genre, présenté de plus en plus comme une « théorie » ou une « idéologie », est depuis régulièrement rappelée depuis par les nonciatures auprès des organismes internationaux. Significativement, en 2003, le Conseil Pontifical pour la Famille publie un Lexique des termes ambigus et controversés sur la famille, la vie et les questions éthiques (paru en français en 2005 chez l’éditeur Pierre Téqui). Le gros volume veut éclairer pour les catholiques le sens des expressions et termes devenus ambigus dans la modernité. L’ouvrage exclue également toute possibilité d’un emploi positif de la notion et constate l’impossibilité d’un dialogue entre la tradition catholique et les sciences sociales. Le recenseur français de l’ouvrage dans la Revue de Droit canonique, Jean Werckmeister, se sent même un peu gêné par cette mise en garde hyperbolique. Il s’interroge : « La position catholique, à en croire ces deux articles, est entièrement fondée sur l’idée de nature, elle-même identifiée à la biologie, c’est-à-dire, en l’occurrence, au sexe génital. L’anthropologie chrétienne se réduit-elle vraiment à cela ? »

Malgré, tout dès lors, le mot genre est régulièrement pris comme cible des nonces apostoliques. Le 17 juin 2004, le Conseil des Droits de l’homme de l’ONU adopte une résolution pour promouvoir l’égalité des individus sans distinction d’orientation sexuelle. Cette dernière comprend les expressions « genre » et « identité de genre ». Le Saint-Siège s’en distance immédiatement en raison de l’emploi des deux termes. Monseigneur Silvano Toscano représentant du Vatican auprès du Conseil déclare : « Je crois que la violence contre les personnes homosexuelles n’est pas acceptable et elle doit être rejetée, bien que cela n’implique pas d’approbation à l’égard de leur comportement ». Il craint que la résolution crée une pression pour l’adoption et le mariage ouverts aux couples homosexuels et l’introduction d’une « éducation sexuelle obligatoire dans les écoles en contradiction avec les valeurs chrétiennes ». Il précise : « au lieu du « genre », nous devons utiliser le concept de « sexe », un terme universel qui dans le droit naturel fait référence à hommes et femmes ».La même année, c’est le pro-préfet de la Congrégation de la Doctrine de la Foi, Josef Ratzinger, qui s’en prend au genre :

« Pour éviter toute suprématie de l’un ou l’autre sexe, on tend à gommer leurs différences, considérées comme de simples effets d’un conditionnement historique et culturel. Dans ce nivelage, la différence corporelle, appelée sexe, est minimisée, tandis que la dimension purement culturelle, appelée genre, est soulignée au maximum et considérée comme primordiale. L’occultation de la différence ou de la dualité des sexes a des conséquences énormes à divers niveaux. Une telle anthropologie qui entendait favoriser des visées égalitaires pour la femme en la libérant de tout déterminisme biologique, a inspiré en réalité des idéologies qui promeuvent par exemple la mise en question de la famille, de par nature biparentale, c’est-à-dire composée d’un père et d’une mère, ainsi que la mise sur le même plan de l’homosexualité et de l’hétérosexualité, un modèle nouveau de sexualité polymorphe » (Lettre sur la collaboration de l’homme et de la femme dans l’Église)

En 2008, l’attaque vient du théologien devenu entretemps pape sous le nom de Benoît XVI, dans un discours de voeux à la Curie pour Noël. Il note que l’Eglise est dans sa rôle en défendant « une écologie entendue d’une juste manière » et s’opposer au genre : 

« Ce qui est souvent exprimé et entendu par le terme « gender », se résout en définitive dans l’auto-émancipation de l’homme par rapport à la création et au Créateur. L’homme veut se construire tout seul et décider toujours et exclusivement tout seule de ce qui le concerne. Mais de cette manière, il vit contre la vérité, il vit contre l’Esprit créateur. Les forêts tropicales méritent, en effet, notre protection, mais l’homme ne la mérite pas moins en tant que créature, dans laquelle est inscrit un message qui ne signifie pas la contradiction de notre liberté, mais sa condition »

Dans ce discours, la sauvegarde de la création et l’écologie ne passent pas moins que par la défense du mariage hétérosexuelle. Si les normes sociales tendent à n’être que des pures conventions oublieuses de la Création, alors la nature est en danger. Dans ce raisonnement, le genre menacerait l’environnement alors même que nos sociétés contemporaines sont plus sensibles à la protection des forêts que des familles.

 

♣ La perception pontificale d’un complot onusien autour du genre

On peut en fait faire clairement remonter aux années quatre-vingt l’idée catholique qu'il existe même un complot idéologique cherchant à s'opposer à la famille traditionnelle et dont « l'idéologie du genre » serait le cheval de Troie. Parmi les experts du Saint-Siège, Michel Schooyans a sûrement un rôle capital dans la formulation conceptuelle du complot. Ce prêtre belge (né en 1930) est consulteur au Conseil Pontifical de la Famille. Son parcours est marqué par un souci de défendre de la doctrine sociale de l'Eglise. Mais la perception de cette dernière se déplace progressivement des aspects sociaux et démocratiques dans les années soixante-soixante dix aux aspects moraux et bio-éthiques dans les années suivantes. Ordonné prêtre en 1955, Michel Schooyans est également docteur en théologie. Il part au Brésil de 1959 à 1969 pour enseigner dans les séminaires et universités catholiques. Il dénonce alors la dictature militaire et valorise le rôle de contestation de l'Eglise avec des accents proches de la théologie de la libération. Michel Schooyans revient en Belgique pour enseigner les sciences politiques à l'université catholique de Louvain. Son retour coïncide avec le moment où les débats éthiques se portent sur l'avortement en Belgique. S'impose alors à lui l'idée que le libéralisme contemporain est un nouveau totalitarisme. Il y aurait une trajectoire viciée des démocraties contemporaines qui tendrait à revenir sur les droits fondamentaux des individus et progressivement légitimer la violence des plus forts sur les plus pauvres. Il critique ainsi l'avortement mais aussi les programmes de développement des instances internationales car ils favorisent l'essor des moyens contraceptifs. Sa pensée se concentre de manière assez radicale dans les années quatre-vingt-dix autour des instances internationales et de l'ONU dans trois ouvrages : L'Evangile face au désordre mondial (1997), la dérive totalitaire du libéralisme (1999) et la face cachée de l'ONU (2000).

 

◊ Le concept de « féminisme de genre »

L’opposition ferme du Saint-Siège à l’égard des études de genre s’insère dans un mouvement idéologique plus large d’évaluation négative du second féminisme et que l’on retrouve dans plusieurs milieux conservateurs occidentaux. Les féministes elles-mêmes parlent de « backlash » ou en français « retour de bâton » pour désigner une réaction négative aux valeurs qui avaient pu un temps gagné en popularité, prééminence ou influence. Si, historiquement du Concile à l’année de la Femme en 1975, le Saint-Siège semble avoir souscrit au mouvement occidental d’émancipation des femmes dans ses discours, dès que le second féminisme a revendiqué pour les droits reproductif (contraception chimique et avortement), il s’en est fortement écarté. Si la meilleure intégration des femmes à la sphère publique du travail ou de la politique, si l’égalité salariale et la reconnaissance sociale des talents masculins et féminins peuvent être salués continument par les papes depuis Jean XXIII (1958-1963), toutes les revendications à contrôler les naissances et encadrer légalement l’avortement sont par contre écartées comme des dérives du féminisme.

Le lexique des termes ambigus pré-cité comporte deux articles sur le genre. L’un est signé par la théologienne allemande Jutta Burgraff, membre de l’Opus Dei. Le second est d’Oscar Alzamora Revoredo, archevêque de Lima, connu pour ses positions conservatrices. Selon le prélat, il existe deux sortes de féminismes. L’un vise des buts justes d’égalité entre hommes et femmes en respectant la nature féminine. Le second, nocif, est le « fémininisme du genre » qui veut « déconstruire la famille non seulement parce qu’elle réduit la famille en esclavage mais parce qu’elle conditionne les enfants à accepter la famille, le mariage et la maternité comme quelque chose de naturel ». Pour la théologienne d’origine allemande « les promoteurs du féminisme radical de genre tentent d’obtenir un changement culturel progressif » (idem). Féminisme de genre, féminisme radical de genre, qu’est-ce au juste ?

 On retrouve en fait ici une parenté intellectuelle avec un argumentaire qui fit fortune Outre-Atlantique dans les années quatre-vingt-dix et qui est peut-être moins connu en Europe : l’opposition entre « féminisme de parité » et « féminisme de genre ». Selon cette thèse, le genre est l’idéologie d’un féminisme d’inspiration marxiste qui cherche à détruire la famille et la différence des sexes. Cette idée repose sur l’essai Who stole feminism? (en français : « Qui a volé le féminisme ? » ) de l’Américaine Christina Hoff Sommers. Dans cet ouvrage sorti en 1992 aux Etats-Unis, elle reproche aux féministes d’avoir volé le féminisme aux femmes. Le sous-titre de l’ouvrage est d’ailleurs« comment des femmes ont trahi les femmes ». L’essayiste distingue un féminisme de parité (equity feminism) qui aborde sans idées préconçues les données empiriques de la psychologie et de la sociologie qui différencient nettement, selon elle, hommes et femmes. Ce féminisme s’opposerait au féminisme de genre (gender feminism) ou féminisme académique (car il est porté par des intellectuelles). Ce dernier ne serait en fait qu’une branche gynocentrique et misandrique du féminisme. Le féminisme de genre poursuivrait comme but l’élimination des rôles masculin et féminin. Il s’intéresserait uniquement aux phénomènes qui présentent les femmes comme des victimes (le patriarcalisme, la violence domestique ou le harcèlement sexuel) alors que les femmes gagnent de mieux en mieux leur vie et accèdent de plus en plus à l’Université. Si le premier féminisme est à ses yeux acceptable le second non car il dévalue de manière caricaturale la masculinité.

Ce livre a eu un écho considérable au moment de sa sortie et constitue aujourd’hui une référence assez populaire dans les milieux conservateurs américains, l’alliance canadienne (les conservateurs canadiens) et même le Reform Party, le courant populiste du parti républicain. Dans le monde universitaire, l’ouvrage a reçu un écho plus mitigé à cause de ses simplifications à outrance ainsi que ses accents masculinistes et anti-intellectualistes. Beaucoup ont également remis en cause le caractère peu opératoire dans les faits d’une telle typologie. Il reste difficile de faire relever facilement d’un féminisme ou d’un autre des textes et des ouvrages qui défendent souvent des idées de manière nuancées et reposent sur des champs méthodologique ou théorique très différents. L’auteure elle-même est revenue sur l’aspect un peu abstrait de cette typologie.

 

◊ Le genre comme la synthèse de tous les courants anti-chrétiens modernes et contemporains

Dans la lecture romaine des études de genre, il est difficile de déterminer une parenté intellectuelle unique au genre si ce n’est qu’il est donné comme la synthèse ou la dernière configuration hostile des différents courants intellectuels ou philosophiques qui se sont opposés au catholicisme depuis l’époque moderne : la philosophie des Lumières, l’athéisme, le libéralisme, le marxisme, l’existentialisme, le structuralisme, la psychanalyste etc. Jutta Burgraff est catégorique sur cette question :

« [Les prétentions du féminisme de genre] ont trouvé dans l’anthropologie individualiste du néolibéralisme radical un milieu propice. Elles s’appuient, d’une part, sur diverses théories marxistes et structuraliste, et d’autre part, sur les postulats de certains représentants de la « révolution sexuelle », tels Wilhelm Reich (1897-1957) et Herbert Marcuse (1898-1979), qui invitent à expérimenter toutes sortes de situations sexuelles. Plus directement encore, on perçoit l’influence de l’existentialisme athée de Simone de Beauvoir (1908-1986) [...] Les études socio-culturelles de Margaret Mead (1901-1978) s’inscrivent également dans ce processus historique de consolidation d’une nouvelle branche du féminisme radical » (Lexique des termes ambigus, p. 31)

On retrouve ce même type de construction d’une généalogie intellectuelle complexe chez Tony Anatrella, un autre consulteur pontifical : 

« L’idéologie du « gender » trouve en partie sa source dans le marxisme et dans le structuralisme et s’est trouvé justifiée par un courant de la psychanalyse lacanienne. Elle a a été aussi influencée par les théories de Wilhelm Reich qui rejette tout contrôle de la sexualité, et celle de Herbert Marcuse qui dénie tous les pouvoirs pour le retour à l’état naturel. Le «gender» vise également à détruire les familles en s’inspirant de Marx pour la lutte des classes et d’Engels chez qui cette lutte oppose l’homme (le maître) et la femme (l’esclave). La famille hétérosexuelle et monogamique serait le lieu par excellence où la femme est exploitée et opprimée par l’homme. La libération de la femme passe donc par la destruction de la famille. Une fois libérée du joug marital et du du fardeau des maternités, la femme pourra occuper sa place dans la société de reproduction. » («Le Conflit des modèles sexuels contemporains. A propos du concept de «gender», Revue d’éthique et de théologie morale, décembre 2000, n°215, p. 33.)

Ce que Michel Schooyans appelle également le genre n'est pas moins qu'une nouvelle idéologie puisant à la fois sa source au libéralisme et socialisme. On appréciera l’audace de la thèse. Au socialisme, il emprunterait « l'idée de l'humanité générique ». Il voit dans le terme de genre une évocation du concept du philosophe allemand romantique Feuerbach (1804-1872) de « genre humain » selon laquelle l'homme individuel n'est qu'une manifestation momentanée vouée à la mort de l'humanité générique. Pour atteindre la société parfaite, les individus peuvent être sacrifier au bien-être du « genre humain » par une politique de planification volontariste d'amélioration des conditions de vie. Les conférences onusiennes sur la population et le développent seraient à ses yeux l'accomplissement de cette planification. Les pays riches y sacrifieraient les pauvres en leur imposant le contrôle des naissances et l'avortement. Le prêtre belge lit également le genre comme héritier du concept marxiste de lutte des classes qu'il entend comme une opposition entre « faibles et forts ». Il évoque également la parenté intellectuelle avec l' « internationalisme » (la mise à bas des identités régionales) et avec Lénine « à qui se rattache l'idée d'une bureaucratie qui, dûment encadrée par des technocrates éclairés, va établir un réseau d'organisations internationales » (Schooyans 1997 p. 36). A l'idéologie libérale, le genre emprunterait surtout le malthusianisme et la conception utilitaire de l'homme ainsi que l'eugénisme. En fait, pour Michel Schooyans, le genre devient une sorte de monstre idéologique, puisant ses sources dans les idées qui ont abreuvé les différents régimes totalitaires du XXème siècle et s'imposant dans les instances internationales dans les années quatre-vingt-dix, pour justifier l'émancipation sexuelle, la contraception et l'avortement :

« Cette idéologie du genre combine donc des thèmes provenant de l'idéologie socialiste dans sa forme marxiste et de l'idéologie libérale dans sa forme néo-malthusienne. Elle part d'une relecture de la lutte des classes, et cette relecture débouche sur ces conséquences désastreuses. La première [...] les différences entre l'homme et la femme doivent être abolies, la masculinité ou la féminité inhérente à chaque individu humain n'a plus rien à exprimer à personne. Au plan de l'individu, le corps est simplement un instrument de plaisirs diversifiés : hétérosexualisme, homosexualisme, sans oublier le plaisir solitaire, la contraception, l'avortement, etc. [...] Cette idéologie conduit également à la destruction de la famille. En effet, ni l'hétérosexualité ni la procréation qui y est liée ne sauraient prétendre être « naturelles » ; ce sont des produits culturels « biologisés » [...] Il faut donc instaurer une culture qui dénie une quelconque importance aux différences génitales [...] enfin, cette idéologie retentit également au plan de la société en exigeant des pouvoirs publics de restructurer la société selon l'idéologie du genre. Il faut déconstruire le genre, car appartenir à un genre signifie s'accrocher à un moment dépassé de l'histoire, celui des inégalités et de l'oppression [...] Nous sommes ici en présence d'un projet de subversion culturelle [...] Développée dans les milieux féministes radicaux, divulguée par une poussière d'organisations non gouvernementales, l'idéologie du genre a été accueillie avec complaisance dans les assemblées internationales, notamment au Caire (1994) et à Pékin (1995). L'ONU elle-même, et plusieurs de ses agences, s'est déconsidérée en l'accueillant sans critique et lui donnant sa caution. L'Union Européenne elle-même a suivi. » (Schooyans 1997, extraits du chapitre « La coalition idéologique du genre », pp.46-48).

Faut-il faire ici la critique sur le fond les pensées de Jutta Burgraff, Tony Anatrella ou Michel Schooyans ? Notons seulement que ces textes constitutent davantage des pamphlets virulents que des démonstrations intellectuelles en bonne et due forme. Les idées s'enchainent de manière peu convaincante en fait. La pluralité et la complexité des études de genre ne sont jamais évoquées. Chez Schooyans, l’étymologie intellectuelle du mot genre à partir du concept de Feuerbach est une hypothèse plutôt hasardeuse qui ne fait pas vraiment unanimité. Dans ces généalogies, les études de genre sont toujours présentées à partir d'un corpus assez indigent et partial, en minimisant les dissensions, les désaccords, les oppositions entre les références rapprochées. Les liens entre les milieux militants et les études ne sont jamais analysées dans le détail. La parenté avec d'autres courants idéologiques (marxisme, eugénisme, libéralisme) est acquise par le seul trait de plume de Schooyans et ne repose pas sur réelle démonstration, alors que ce travail pourrait être intéressant. La peur du complot devient la seule méthode d’analyse pertinente de l’évolution des phénomènes sociaux sans jamais être vraiment démontrée ni nuancée.

A moins de faire preuve d’angélisme, on peut penser que les différentes instances internationales font l’objet de pressions permanentes entre des groupes sociaux ayant des visions différentes de l’humain et de la société. Il est également aussi admissible de dire que les programmes de développement sont issus d’un rapport de force particulier entre Etats dans lequel les principaux bailleurs de fonds (occidentaux principalement) ont sûrement plus de «pouvoir» que les pays aidés. Cette vision du lobby actif et minoritaire occulte également le fait qu’on peut voir le Saint-Siège lui-même de la même façon. Dans son exercice de dénonciation des groupes de pression, les acteurs catholiques semblent se contenter de l’idée que le lobbyste, l’activiste, le militant est toujours l’ «autre» mais jamais soi-même ou son propre camp intellectuel et idéologique. Par un effet auto-hypnotique intéressant, le groupe minoritaire et actif est vu comme extérieur et menaçant, alors qu'elle peut se penser elle-même comme l’élément politique nécessaire d’une société pluraliste. L’idéologie est toujours portée par l’autre camp alors que l’évidence et le bon sens est dans le sien.

 

♣ Margaret Peeters, le retour par le genre de l’intransigeantisme catholique

Le sommet de l’intransigeantisme est sûrement atteint avec Margaret Peeters, une autre experte catholique du genre. Journaliste de formation, Marguerite (parfois Margaret) Peeters a beaucoup suivi les les conférences onusiennes sur le développement et l’émancipation féminine dans les années quatre-vingt-dix. Directrice d’un « think tank » (réservoir d’idées) bruxellois appelé l’Institut pour les Dynamiques du Dialogue Interculturel ou Institute for Intercultural Dialogue Dynamics, elle se présente désormais comme une experte de la « mondialisation éthique ». On peut assimiler cet institut à un organe critique de la mondialisation, non pas tant à partir de la doctrine sociale de l’Eglise sur l’économie et le développement en général, qu’à partir de son enseignement moral (nouvelles moeurs, lutte contre la dépénalisation de l’avortement). Aujourd’hui elle assure de nombreuses conférences et formations sur la question du genre et sa profession peut s’apparenter à celle d’une consultante catholique officiant auprès des organes d’Eglise. En 2008, elle intervient ainsi lors d’un colloque organisé par l’Eglise catholique à Rome pour célébrer les 20 ans du texte de Jean-Paul II Mulieris Dignitatem.

Née aux Etats-Unis, Marguerite Peeters est journaliste de profession. Elle vit dans différents pays avant de s’installer définitivement en Belgique. De 1991 à 1993, elle est en Ukraine au moment où cet ancienne république soviétique connaît la chute du système communiste et accède à l’indépendance. Dans une conférence donnée à Saint-Maurice (cf. lien supra), Marguerite Peeters évoque une prise de conscience. Avec la fin du bloc de l’est, s’impose alors l’idée de la « fin des idéologies ». Le libéralisme et la mondialisation économique semblent l’avoir emporté un peu partout dans le monde. Pourtant, selon ses propres termes, elle devient soudainement consciente qu’un autre «péril» menace après le communisme bolchévique : la diffusion de la théorie du genre. Ce sentiment est rapidement nourri par son expérience dans la mesure où elle fait partie de la délégation du Saint-Siège pour la Conférence du Caire de 1994. Pour elle, le genre devient alors la «norme de l’égalité des sexes» qui s’impose violemment aux différentes cultures à travers la mondialisation et dont les dangers seront aussi ravageurs que le marxisme : 

« Le manifeste communiste a été écrit soixante ans avant la révolution bolchévique. La théorie du gender a commencé à émerger dans les années cinquante ; nous sommes dans les années 2010. Maintenant elle apparaît dans les manuels scolaires en France. Les idées mettent du temps à se changer en culture. Les idées ont toujours des conséquences et il faut toujours être vigilant [...] nous avons manqué de vigilance » (Conférence de Toulon)

Margaret Peeters conçoit la théorie du genre comme le dernier stade de la pensée libérale occidentale. Selon elle, la «théorie du genre» se déploie à travers deux moments intellectuels (la philosophie des Lumières au XVIIIème siècle et l’existentialisme des années cinquante) dont le second marque l’aboutissement des prémisses idéologiques du premier. La philosophie des Lumières du XVIIIème et les idéaux de la Révolution Française, en donnant une définition politique et laïque de l’individu, en auraient éliminé la dimension chrétienne. Progressivement, la paternité et la maternité, et donc ce qu’elle nomme la masculinité et la féminité, auraient été vidées de leur substance :

« Le gender [déconstruit] la structure anthropologique de l’homme et de la femme telle qu’elle a été créée par Dieu, qui est le Père, Fils et Saint-Esprit. Autrement dit, le dessein trinitaire de Dieu sur l’homme et la femme [...] Nous sommes tous faits pour être père ou mère, fils ou fille, époux ou épouse, frère ou soeur. Or en niant la complémentarité anthropologique homme-femme, en voulant faire de tous les citoyens radicalement « égaux », en s’attaquant à la modernité comme une injustice sociale, en réduisant l’homme et la femme à leur fonction sociale, en en faisant des «partenaires» liés entre eux par un «contrat», on crée une culture qui empêche la réalisation de notre vocation humaine universelle» (Dépêche à Zénith) 

« Au XVIIIème siècle en France et en Occident s’est produit un divorce social entre individu et personne, entre citoyen et père, entre raison et foi. Un divorce qui est d’ailleurs d’origine théologique et qui est lié directement au déisme où Dieu a cessé d’être un père aimant. Et il y a eu des conséquences anthropologiques et politiques. Jean-Jacques Rousseau a dit qu’être père est un privilège social contraire à l’égalité. Vous voyez cette opposition dialectique entre paternité et citoyenneté égale. C’est de là d’où vient tout le mal. Les origines du gender sont très lointaines. Elles viennent finalement de cette conception de la laïcité fermée à la personne, à l’amour, à la transcendance. Le point de départ de la théorie du gender est une conception du citoyen égal politique hostile à la paternité, à la maternité, à la filialité, autrement dit à la personne [...] la conception laïque de l’égalité citoyenne est asexué. [...] Cette construction laïque a balayé la personne et l’amour de la culture et du contrat social. » (Conférence de Toulon) 

Dans un moment récent (depuis les années cinquante), les idées libérales auraient donné naissance à la théorie du genre en portant à son extrême l’opposition dialectique entre le biologique et le social. S’enrichissant des apports de l’existentialisme de Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir, chacun serait désormais amené à questionner radicalement les conditions de l’existence et le statut de créature qui a reçu des éléments d’identité en soi.

Il est délicat de prendre trop sérieusement la pensée de Margaret Peeters, car, au final, qu'est-ce qui, chez elle, n'appartient pas intellectuellement à la « théorie du genre » ? Notons l’ambition assez démesurée de la lecture du genre par l’essaysiste. Ce qu'elle appelle la théorie du genre devient le dernier stade d’une philosophie de l’histoire. Margaret Peeter donne définition une considérablement large de la « théorie du genre » au prix de l'approximation, du faux-sens mais surtout de la sur-interprétation. Elle peut ainsi au cours de sa Conférence de Toulon évoquer l'origine libérale de la « théorie du gender » tout en pointant les liens avec le marxisme. Par moment, tous les auteurs, tous les ouvrages, tous les mouvements d'idées semblent se valoir et communiquer dans une sorte d'approximation généralisée.

Voyant la difficulté de la démarche, Margaret Peeters récuse toutefois le terme d’idéologie - qui renverrait à un corps fermé de doctrines - pour lui préférer celui de « processus de changement perpétuel ». L'essayiste interprète le moment post-moderne de l’histoire des idées, que l’on associe classiquement à la faillite des systèmes idéologiques et de la raison universelle occidentale, à une stratégie militante qui brouille en permanence les cartes en privilégiant une plasticité des idées et des contenus. Ce n’est pas par impossibilité mais par volonté de divulgation que le genre ne s’idéologise pas.

«Le gender en tant que processus de changement perpétuel n’a pas de contenu stable ni identifiable. On en fait une théorie mais en réalité cette théorie est vide car elle n’a pas de contenu, elle est un processus de changement. C’est la grande révolution de la post-modernité d’avoir transformé le contenu en processus de changement [...] le gender est un concept mouvant c’est pourquoi il est très difficile d’en avoir des idées claires et distinctes n’en déplaise à l’esprit cartésien [...] par exemple entre l’interprétation féministe et l’interprétation homosexuelle du gender les frontières sont floues, elles sont inexistantes» (Conférence de Toulon) 

Au final, il devient difficile de saisir dans la pensée de Marguerite Peeters ce qui ne relève pas de la « théorie du genre » tant cette dernière comprend tout ce qui est issu de la sécularisation des sociétés chrétiennes d'Ancien Régime. On aboutit même chez elle à ce surprenant à un impérialisme conceptuel, qui porte peut-être en creux, l'aveu de ses incompréhensions : le « gender » a plusieurs définitions à la fois pouvant être contradictoires ou en discordance !

 

♣ Mettre en garde les pays du Sud contre le genre, une priorité pontificale 

Dans le combat pontifical contre les études de genre, ce sont les pays en développement qui sont les plus ciblés par Rome. En marge du Synode des Evêques africains à Rome en 2009, une session de formation a été spécialement organisée à destination des évêques du continent. Présentant le projet, Robert Sarah, secrétaire de la Congrégation pour l’Évangélisation des Peuples veut mettre en garde ses confrères contre la théorie du genre. Elle est, selon lui, « contraire à la culture africaine et aux vérités humaines éclairées par la Révélation divine de Jésus Christ. L’idéologie du genre déstabilise le sens de la vie conjugale et familiale que l’Afrique a su préserver jusqu’à présent ». Désormais, les sociétés africaines et leur « bon sens » sont présentées comme le rempart naturel contre le genre vu comme une perversion du féminisme occidentale. C’est également un thème très fort chez Margaret Peeters : «le gender menace les dons que Dieu lui-même a faits à l'âme africaine ; le sens de la paternité humaine et divine et d'une fraternité qui est filiale et non purement horizontale, la grâce de l'esprit d'enfance, la célébration de la maternité et de la vie». (Dépêche Zénith). L’essayiste entretient à ce propos un certain flou, volontaire ou non, sur la complexité du monde féministe et LGBT contemporain toujours tenu comme un champ unifié. Aujourd’hui, il ne peut pourtant plus uniquement se résumer à l’ « Occident » comme à ses débuts. Il existe désormais des mouvements endogènes aux pays en développement qui poursuivent les idées d’émancipation homosexuelle et féministe et souscrivent également aux mêmes objectifs militants. On peut également penser qu’un consensus grandit autour l’égalité hommes-femmes et que loin d’être un « occidentalisme », elle est vue de plus en plus comme un acquis humaniste universel. Cette vision d’un Occident « perverti » et d’une Afrique « préservée»  se fait souvent au prix d’une posture assez colonialiste et impérialiste. Sa démonstration repose sur la convocation d’un « bon sauvage » africain qui sert à justifier ses opinions. Dénonçant l'impérialisme de la raison occidentale, il n'est pas dit qu'elle échappe elle-même à la posture coloniale qui essentialise l'autre pour lui faire dire ce qu'elle veut. Face à un être occidental sophistiqué et artificiel, l’Africain - essentialisé dans un type unique et immuable - semble devenir le détenteur du bon sens et de l’ordre naturel :

« Je reviens d’Afrique. J’étais en Afrique dans un séminaire de formation. Vous savez c’est toujours très encourageant d’aller en séminaire là-bas. Ils ont une espèce de virginité par rapport à toutes ces choses. S’ils ont encore conservé le sens commun qui semble avoir disparu ici en Occident et lorsque j’essaye de leur expliquer l’origine, le contenu, les méandres de cette théorie du gender, les Africains rigolent et pleurent à la fois. Ils rient parce qu’ils n’en reviennent pas de ce que l’idéologie occidentale a pu produire ou fabriquer, de ces théories hyper-sophistiquées qui viennent purement de l’esprit » (Conférence de Toulon)

Mal intégré au débat d’idées contemporain en sciences humaines et sociales, le catholicisme, à son plus haut niveau, semble avoir ressorti l’armure intellectuelle de l’intransigeance pour appréhender les études de genre au prix souvent de la torsion, de la généralisation et de la caricature. La posture intransigeante clôt bien un débat qui ne s’est jamais véritablement ouvert. La tradition s’oppose aux sciences humaines et sociales en bloc sans rechercher le dialogue, rappelant à certains égards la forteresse syllabiste qu’avait édifié le catholicisme au XIXème siècle.Le peu de demi-mesure dans les réactions autour des études de genre tient sûrement au fait que les catholiques connaissent les études de genre à partir des analyses critiques de penseurs et essayistes pas forcément romains ou gravitant à Rome mais aussi français. A notre connaissance, il n’existe d’ailleurs pas actuellement de cours généraliste sur le genre dans les Universités Catholiques françaises. Le genre n’est que très secondairement, si ce n’est pas du tout, vu comme une ressource potentiellement éclairante des sciences humaines et sociales, voire de la théologie ou de l’histoire religieuse.

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Références citées :

Benoît XVI, Discours à la Curie romaine à l’occasion de la rencontre traditionnelle pour les voeux de Noël, ensemble du texte disponible en ligne sur le site du Vatican :  

Fassin, Éric, « Les « forêts tropicales » du mariage hétérosexuel. Loi naturelle et lois de la nature dans la théologie actuelle du Vatican », Revue d’éthique et de théologie morale, 2010/HS n°261, pp. 201-222.

Hoff Sommers, Christina, Who stole feminism? How women have betrayed women, New York : Simon & Chuster, 1992, 320 p.

Libert, Louise-Marie (2007) « Le « gender » dans les institutions internationales » dans « Homme et Femme il les créa », Annales de l'Académie d'Education et de Sciences Sociales (Paris: François-Xavier de Guibert).

Peeters, Marguerite A., « La théorie du genre », intervention au Colloque Une nouvelle identité sexuelle : libéraliser pour asservir, organisé par l’Observatoire socio-politique du Diocèse de Toulon-Fréjus, 17-18 septembre 2011, vidéo disponible en ligne :

___, « La théorie du genre à l’assaut du couple humain », conférence enregistrée à Saint-Maurice (Suisse), bande audio payante en ligne, 26-28 novembre 2010 :

___, « Le « gender » est-il une « idéologie » ? », entretien retranscrit sur le site de l’agence de presse Zénith, 23 mars 2008, disponible en ligne :  

Ratzinger, Josef, Congrégation de la Doctrine de la Foi, Lettre aux évêques sur la collaboration de l’homme et de la femme dans l’Église et dans le monde, 31 mars 2004, texte disponible en ligne sur le site du Vatican :

Schooyans, Michel, La dérive totalitaire du libéralisme, Paris : Editions Universitaires, 1992, 358 p.

___ , L'Évangile face au désordre mondial, Paris : Fayard, 1997, 346 p.

___ , La Face cachée de l'ONU, Paris : Le Sarment, 2000, 283 p.

 

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