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Penser le genre catholique

Penser le genre catholique

Ce blog cherche à réfléchir sur la place des corps et des sexes dans les enjeux de sécularisation auxquels doit faire face e christianisme occidental à l'époque contemporaine (XIXe-XXe), et plus spécifiquement la tradition catholique, depuis les années soixante (second féminisme, révolution sexuelle, émancipation des minorités sexuelles). Il s'intéresse également aux expériences militantes et associatives qui portent ces questions au prix d'une remise en cause des normes.

La querelle autour des nouveaux manuels de biologie de 1ère (II)

      (Texte mis à jour le 9 mai 2012)

Une politique catholique des corps marginalisée dans les sociétés contemporaines

 

Dans son fonctionnement, ses représentations et ses discours, l’Église catholique se fonde toujours sur un puissant registre intellectuel naturaliste et différentialiste qui peine à intégrer les acquis récents des sciences humaines et sociales. Naturaliste dans la mesure où être de sexe masculin ou féminin n’est pas seulement une donnée de la biologie mais fonde un destin social particulier en conférant des droits et des interdits propres. Différentialiste dans la mesure où hommes et femmes ne sont pas appelés à faire les mêmes choses et ne peuvent intervertir leurs rôles archétypiques sans intenter au sens même du projet du Créateur. La différence et la complémentarité sont à ce titre aussi importantes que l’égale dignité des baptisés. Les impératifs fondés en nature ont des conséquences sociales très marquées dans la façon dont les individus se lient les uns aux autres (la sexualité, la procréation) et sur la place qu’ils peuvent occuper dans l’institution (responsabilités doctrinales et disciplinaires).

 

Cette injonction à être ou à faire s’exprime sous le vocabulaire de la « vocation », l’appel à réaliser ce à que Dieu veut. De manière très schématique, un.e baptisé.e catholique est idéalement appelé.e soit à une sexualité hétérosexuelle et procréatrice dans une relation conjugale, soit à une vie de continence sous une forme religieuse, soit à un célibat chaste en dehors d’une organisation reconnue. Dans ce système de genre, il existe une configuration spécifique : la prêtrise. Certains hommes sanctifient de manière particulière leur virginité sous la forme sacerdotale : ce sont les prêtres. A ce titre, ils ont des prérogatives qui leur sont propres comme célébrer l’eucharistie ou, pour les évêques et le premier d’entre eux en dernier recours : le pape, interpréter de manière juste les Écritures et la Tradition. Prérogatives dont sont écartées les femmes. Dans son droit interne appelé le code canon le catholicisme ne reconnaît positivement aucun autre état de vie. Le mariage, le célibat ou la vie religieuse et sacerdotale sont toujours liés de manière inséparable à des normes sexuelles. Un prêtre ou un.e religieux.se ne peuvent pas avoir des rapports sexuels. Un.e catholique non marié.e non plus. Ces écarts à la chasteté, pureté au sens physique et spirituel, relèvent de fautes morales et religieuses demandant pénitence et réparation. Vivre dans le péché met à l’écart de la communauté et empêche d’accéder (somme toute théoriquement) aux sacrements comme, par exemple, celui de l’eucharistie (la messe).

Pour comprendre cette rigueur, il importe d’en saisir la logique interne et théologique. Dans le système catholique, la sexualité n’est pas un champ de l’expérience humaine parmi un autre. Elle rend présent au monde les intentions du Créateur et, d’une certaine manière, travaille à sa rédemption. La sexualité est ainsi liée à la notion de « sacrement », c’est-à-dire en théologie, un témoignage visible de la grâce agissante de Dieu dans le monde pour les salut des hommes. C’est d’ailleurs bien pour cette raison que le mariage est indissoluble. Il actualise au monde l’alliance unique dans l’histoire de Dieu, le Christ, à l’Église son Épouse. Les théologiens catholiques parlent parfois du mariage comme le sacrement de la Création : il est celui qui manifeste le plus le lien particulier de Dieu à son Église. En dehors de ce mariage, toute activité sexuelle, même la masturbation, relève de la catégorie morale du péché. On ne peut pas pour autant parler de dégoût de la chair ou d’un puritanisme dans le catholicisme. Plutôt d’une sexualité extrêmement sacralisée et strictement encadrée. Dans le mariage, les théologiens catholiques, dégagés d’une lecture trop stricte de saint Augustin, admettent désormais, à peu près de manière consensuelle, que la sexualité peut viser le plaisir, à la seule condition, toutefois, que les époux n’écartent pas intentionnellement la possibilité de la procréation. La seule contraception acceptée est donc l’abstinence périodique guidée par des méthodes dites naturelles (observation des courbes de température par exemple).

Une erreur d’interprétation serait toutefois de ramener le catholicisme à un ensemble d’interdits, de règles et des principes moraux immuables. Il existe de nombreuses régulations implicites et explicites, officielles ou non, ainsi que des écarts aux normes plus ou moins tolérés. Il est d’ailleurs bien difficile d’évaluer aujourd’hui sociologiquement quelle est la part des règles dans la réalité des comportements des catholiques eux-mêmes. Au sein du catholicisme, le caractère intransigeant de la ligne officielle ne doit jamais occulter la complexité des comportements. Le degrés d’exigence des clercs à l’égard des personnes qu’ils accompagnent est variable. Sociologiquement, on peut même écrire que les catholiques ont acquis une forme d’autonomie à leurs égards (par exemple sur la question de la contraception chimique). Il existe également de nombreuses régulations entre ce que dit l’institution et ce que font les croyants. On peut même noter, malgré leur extrême faiblesse et leur marginalisation institutionnelle, des mouvements d’opinion ou des expériences théologiques qui cherchent à faire évoluer l’appréciation éthique et religieuse de certaines questions liées au genre et à la sexualité (la communion des divorcés remariés, la possibilité d’une sexualité homosexuelle au sein d’un couple).

Quoiqu’il en soit, il existe toujours un écart fort entre la doctrine sociale officielle de l’Eglise catholique en matière de sexe, genre et sexualité et le fonctionnement juridique des sociétés contemporaines. On pourrait toutefois penser que cela n’est pas vraiment un problème dans la mesure où l’interprétation morale et religieuse du genre et de la sexualité par la nature ne concernent que ceux qui sont catholiques. Et plus précisément, les seuls qui pratiquent dans le catholicisme. Mais la question est sociologiquement plus compliquée à organiser dans le sens où l’Église catholique affirme que les normes qu’elle tire de la nature divine de l’humain pré-existent ou se sur-imposent au droit. C’est la thématique du « droit naturel » ou de la « morale naturelle » qui est de plus en plus importante dans un certain discours catholique. Des règles pré-existent à l’organisation positive de toutes les sociétés. Tous les principes considérés comme naturellement accessibles par la raison pour le catholicisme doivent à ce titre régir idéalement la société. Attention ! Cela ne signifie pas que l’État doive redevenir chrétien ou ne respecte pas la séparation du politique et du religieux. Mais le religieux contient le correctif nécessaire à l’égarement du politique en interprétant de manière juste l’universel. C’est, par exemple, au nom de cette « morale naturelle » que les papes appellent encore aujourd’hui les catholiques en tant que citoyens ou élus à s’opposer aux législations portant sur l’avortement, le divorce ou le mariage homosexuel. Ce n’est pas au nom du particulier d’une révélation religieuse ou d’un enseignement pontifical mais bien au nom de l’universel d’un principe qui se trouverait en « raison » dans la « nature » humaine.  Pour Benoît XVI, un droit purement positif et non ouvert à la dimension de Dieu dans le droit naturel n’a aucune limite et entraîne même un risque de totalitarisme. Plus que tout autre pape d’ailleurs, Benoît XVI le rappelle avec vigueur. Geneviève Médevielle dans un article récent de la revue Études note qu’avec ce pape « on assiste à un retour de la loi naturelle dans les discours magistériels ». Dans son discours au Bundestag (le parlement allemand) en septembre 2012, le souverain pontife l’a clairement rappelé aux députés : « contrairement aux autres grandes religions, le christianisme n’a jamais imposé à l’Etat et à la société un droit révélé, un règlement juridique découlant d’une révélation. Il a au contraire renvoyé à la nature et à la raison comme vraies sources du droit ». Il regrette que « l’idée du droit naturel est considérée aujourd’hui comme une doctrine catholique plutôt singulière, sur laquelle il ne vaudrait pas la peine de discuter en dehors du milieu catholique ». Enfin, le pape met solennellement en garde les députés allemands contre une Europe qui oublierait que sa culture qui « est née de la rencontre entre la foi au Dieu d’Israël, la raison philosophique des Grecs et la pensée juridique de Rome ». Autrement dit une Europe qui oublierait que la volonté de Dieu est inscrite dans la nature et reste accessible par la raison. Cette thématique, on l’a retrouvé de façon très similaire dans son discours aux parlementaires anglais un an plus tôt (septembre 2010) : « la tradition catholique soutient que les normes objectives qui dirigent une action droite sont accessibles à la raison, même sans le contenu de la Révélation ».

Sur cette question, les positions catholiques officielles restent toutefois en porte à faux avec les sociétés sécularisées pour qui, au contraire, le plus important est la sphère politique et démocratique avant toute interprétation religieuse de la nature. Politique dans le sens où ce sont des normes, en dehors de toute révélation religieuse, qui régissent l’espace de l’intime. Démocratique dans le sens que les normes peuvent être changées à l’issue d’un processus électoral, représentatif et délibératif codifié et internationalement encadré. Contrairement à ce que professe le catholicisme, dans le droit et dans la loi de nos sociétés contemporaine, la différence des sexes, la sexualité, l’orientation sexuelle ne signifient rien de Dieu, ni de sa création ni de sa révélation ni de sa volonté. La loi ne dit rien explicitement là-dessus, le renvoie à l’appréciation de chacun et n’interdit d’ailleurs pas aux groupes religieux de professer une croyance propre en la matière. En France, on appelle ce principe de sécularisation des normes et des lois la laïcité. Elle s’est organisée à l’issue d’une histoire longue et complexe, assez conflictuelle ne le cachons pas, mais ayant abouti à un consensus finalement plus ou moins accepté.

Le sexe biologique, s’il est reconnu par le droit et dans l’état civil, ne fonde moins qu’avant un destin social obligatoire. La mise en place de la mixité scolaire, la disparition de la conscription militaire masculine, l’émancipation civique et politique des femmes ont progressivement rapprocher les parcours sociaux des individus des deux sexes. Marginalement, mais possiblement, notre société accepte désormais le changement de sexe par la chirurgie et dans l’état civil.

De plus, s’il existe une différence légale entre hommes et femmes reconnue, il ne saurait plus, surtout après l’essor des luttes féministes, y avoir de discrimination dans l’accès à un service, à un travail, à un salaire au nom de l’égalité. Nos sociétés tendent même à la parité, c’est-à-dire qu’elles se donnent comme objectif d’arriver par des dispositifs incitatifs ou coercitifs variés à la répartition réelle entre hommes femmes de toutes les tâches et les fonctions, surtout celles de commandement et direction. Il est désormais peu concevable qu’un métier ou une fonction soit interdits à une femme parce qu’elle est une femme. Deuxièmement, les individus sont libres de choisir leur état de vie et peuvent se marier ou pas. En ayant fait disparaître l’adultère et le divorce « par faute » du droit, ce dernier tend de plus en plus à prendre une forme contractuelle régissant des questions d’autorité parentale, de fiscalité et de transmission des biens. Il peut-être cassé par l’une ou les parties qui le composent et son nombre n’est pas limité au cours d’une vie. La sexualité, enfin, renvoie, quant à elle, au consentement mutuel et au domaine privé sans être liée au mariage seul. La société admet beaucoup de choses dans les limites toutefois de cas particuliers qu’elle définit dans le droit que sont, par exemple, le viol, l’abus de faiblesse ou le harcèlement. Elle criminalise ainsi de plus en plus fortement le viol entre personnes d’une même famille (inceste) et entre les adultes et les mineurs (pédophilie). Inceste et pédophilie ont été longtemps cachés et tus au sein des groupes sociaux et deviennent un enjeu juridique et public. Les acteurs sociaux se forment et s’informent sans chercher à occulter cet aspect problématique des relations humaines. Au nom du consentement mutuel, les rapports homosexuels entre personnes majeures ont été, quant à eux, progressivement réévaluées et dépénalisés parallèlement à l’émergence d’une culture homosexuelle qui cherche à relire le passé pour en faire sortir des marginalisé.e.s à la voix longtemps occultée. Aujourd’hui, certain.e.s soutiennent la possibilité d’ouvrir le mariage, l’adoption et l’accès aux techniques de procréation assistée aux personnes de même sexe. C’est déjà le cas dans plusieurs pays occidentaux ou certains Etats américains. Ces changements sociaux ont été portés par des mouvements sociaux, féministes ou homosexuels, qui ont interrogé les normes qui régissaient jusqu’à présent la sexualité. C’est peut-être cela ce que l’on nomme parfois maladroitement révolution sexuelle, car il s’agit davantage de l’aboutissement d’une évolution longue et complexe, d’une part, et que cette modification s’est produite par un changement collectif d’appréhension du corps et de l’intime qu’une généralisation de comportements minoritaires. Nature et religion qui imposaient les normes ont été interrogées : et si tout cela relevait de la politique et pouvait être changé par la politique ? Ce qui caractérise nos sociétés depuis une quarantaine d’années est bien le passage dans l’espace démocratique du débat et de la création de normes de questions qui, jadis, étaient reléguées du côté de l’immuable et ne pouvaient pas être modifiées.

Que signifie donc la polémique actuelle du catholicisme contemporain ? A un premier niveau, il semble donc rapidement acquis que le cours de biologie et l’enseignement de la sexualité, auquel on le lie dans le secondaire, se retrouvent exactement au coeur du conflit entre les deux formes de légitimités que nous avons brièvement présentées. La première est la ligne religieuse traditionnelle de l’Eglise catholique, défendue par certains laïcs et ralliée par certaines formes conservatrices de la société, pas forcément religieuses. Ces acteurs sociaux ne veulent pas renoncer à imposer certaines normes universelles en matière de genre et sexualité au nom de la nature, du « droit naturel » ou d’une conception de l’humain qu’ils appellent une « anthropologie ». Cette dernière n’est pas la science sociale qui étudie empiriquement les différences sociales mais la spéculation philosophique qui donnerait accès à la connaissance an-historique et indépassable de l’humanité. Ils ne sont pas prêt à entendre que la biologie n’indique rien en soi sur l’organisation sociale de l’homosexualité par exemple. Pour eux, agiter le chiffon rouge d’une «théorie du genre», définie comme une idéologie fallacieuse devant un public, que l’on peut concevoir comme légitimement inquiet car il s’agit de l’éducation de ses enfants dont il est question, est une stratégie sociale et politique pour déstabiliser de manière plus générale l’éducation sexuelle à l’école. A fortiori quand cette dernière aborde, sans les condamner non plus sur un plan moral, la contraception chimique, la fécondation in vitro ou l’avortement. Dans le contexte français, le poids d’enjeux électoraux autour du mariage et de l’adoption homosexuel explique enfin peut-être la vigueur de la réaction tant il faut couper court à tous les arguments qui affaibliraient la défense de la famille et du mariage comme des institutions « naturelles ». La seconde conception repose sur l’idée qu’il est légitime que l’Etat par son Ministère définisse le programme et organise l’enseignement de la biologie. Pour cela, il s’appuie sur l’état actuel des connaissances scientifiques. A l’écoute des sciences sociales, le programme intègre l’idée que le recours à la science peut parfois justifier un rapport social de pouvoir et qu’il faut se garder de cet écueil. Il montre dans une certaine mesure que la biologie n’apporte pas de réponse simple à la différence des sexes et l’orientation sexuelle qui relèvent davantage du choix éthique privée et de la sphère sociale. La seule vraie question que peuvent alors soulever les acteurs catholiques engagés contre les manuels serait plutôt : quelle éducation sexuelle voulons-nous pour nos enfants à l’école publique ? Doit-elle se limiter à la seule biologie comme si cette dernière était capable d’avoir en matière de sexualité humaine ? Comment parle-t-on de l’homosexualité et de la transexualité, questions qui dépassent très largement la simple biologie, aux élèves du secondaire ?

La querelle des manuels de biologie peut être en fait significative à un second niveau : celui du catholicisme lui-même. On peut peut-être faire l’hypothèse, que, à échéance régulière, le Magistère catholique tend à produire un nouvel ennemi qu’il perçoit comme le double opposé de lui-même. La crise moderniste du début de la fin du XIXème siècle et début du XXème siècle nous donnerait l’illustration la plus juste de ce phénomène. Les recherches scientifiques de différents ordres d’histoire, d’exégèse et de théologie d’alors ont été sur le moment renvoyées à une corps unifié de doctrines à combattre : «le modernisme». Les auteurs modernistes étaient bannis des bibliothèques religieuses, leurs thèses interdites dans les universités catholiques et les prêtres, au moment de leur ordination, devaient jurer de ne pas y souscrire. Certaines sont entrées toutefois progressivement dans les sciences religieuses catholiques (notamment la lecture critique des textes) par un long et lent travail d’assimilation et d’acculturation. Dans une certaine mesure, on peut lire certains textes de Vatican II comme le succès indirect et posthume de certains auteurs taxés sur le moment de «modernistes»... Le modernisme est construit progressivement par les papes dans les encycliques mais également socialement par des réseaux, notamment la Sapinière, qui traquent ce qui est perçu comme une hérésie et un anti-catholicisme par excellence (Emile Poulat et Pierre Colin). Seule une position de rejet ou d’opposition peut aboutir à la constitution d’une catégorie homogène à laquelle on apposerait l’étiquette de « théorie du genre ». Cet élément de langage est repérable ailleurs dans la langue qu’il s’agisse de « l’herméneutique du soupçon » ou la « pensée de Mai 68 ». De telles catégories homogènes, pour exister, supposent toujours une certaine violence conceptuelle qui ignore la diversité et la singularité des travaux qu’elles rassemblent. Elles éludent habilement les divergences explicites que divers et nombreux ouvrages contiennent nécessairement.

La « théorie du genre » nourrit en retour un sentiment obsidional. Il trouve d’autant plus un terrain psychologique favorable chez des catholiques inquiets des progrès de la sécularisation. Comme pour le moment moderniste du début du siècle, l'idée qu'il existerait un corps d'idées spécifiquement en opposition à la révélation chrétienne peut se doubler de la peur du complot. Des idées se diffusent de manière capillaire dans le corps social par des agents troubles aux intentions idéologisées : des intellectuels, des journalistes, des militants féministes et homosexuels. Reste à savoir si le catholicisme parviendra à concilier les deux bouts de ce qui constitue pourtant son identité : un attachement à sa Tradition vue comme un pan entier de la Révélation, d’un côté, et un souci de discernement des signes de temps et de l’action de Dieu dans l’épaisseur de l’actualité et du changement social d’un autre côté. A terme, le catholicisme qui, jusqu’à présent, était parvenu à se ménager une place dans la modernité sociale et politique ne risque-t-il pas à terme de se marginaliser et se scléroser jusqu’à devenir justement le conservatoire fermé du genre passé et coincé dans un état ante-démocratique ?

Article précédent : la querelle autour des nouveaux manuels de biologie de 1ère (I)

Article suivant : la querelle autour des nouveaux manuels de biologie de 1ère (II)

 

Références citées

Benoît XVI, Discours devant le Bundestag, 22 septembre 2011, texte disponible intégralement en français sur le site Internet du quotidien La Croix à l’adresse suivante :

___, Rencontre avec le Parlement et la British Society, 17 septembre 2010, texte disponible intégralement en français sur le site Internet du Vatican à l’adresse suivante :

Colin, Pierre, L’audace et le soupçon : la crise moderniste dans le catholicisme français, 1893-1914, Paris : Desclée de Brouwer, 1997, 523 p.

Médevielle, Geneviève, « La loi naturelle selon Benoît XVI », Études, n°4103, mars 2009, pp. 353-364.

Poulat, Emile, Histoire, dogme et critique dans la crise moderniste, Paris : Casterman, 1979, 696 p

 

 

 

 

 

 

 

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